D'Equateur à la jungle Péruvienne
Le 03/10/08
La soirée a été tranquille avec un petit diner et une Pilsener (bière du coin), tout ca pour 2 dollars. C'est des fois à se demander comment il est possible que l'on ait des prix aussi élevés en France. Imaginez-vous avec une petite viande de lama (rien de vraiment extraordinaire, c'est comme un bifteak sauf que les tranches sont fines et de grande taille) avec du riz ou des pommes de terre accompagnés d'une bière pour la modique somme de 1€50. Bref, on doit sûrement payer en France les produits qui viennent par avion de très lointaines contrées telles que la Bretagne, l'Alsace ou bien d'autres… Après avoir eu des explications sur les bons coins à voir ici, ce matin, je décide de partir pour la plus haute colline du coin qui culmine à 2 400 mètres soit 600 mètres de dénivelé (eh oui, ici en dessous de 3 000 mètres ce ne sont que des collines). En arrivant au chemin d'accès, je rencontre deux américaines de Caroline du Nord et nous décidons de faire le chemin ensemble. Malheureusement, au bout de une heure trente, le chemin devient de plus en plus difficile et vertigineux et une d'entre elle, peut être un peu trop américaine, ne pourra pas continuer plus loin. Par conséquent, me voilà parti pour 3 heures de marche solitaire, le temps passe vite et je m'imagine déjà tel l'aventurier Indiana Jones en sifflotant le fameux refrain. Mais au bout d'un moment, je décide de regarder les balises indiquant le chemin et je m'aperçois qu'elles sont passées du jaune au orange. Pas de souci, je continue tête baissée pendant près d'une heure lorsque je me rend compte que j'ai changé de flanc de montagne. Indiana Jones s'est perdu dans la colline : bravo Docteur Jones ! Demi- tour pour retrouver les bonnes marques soit un détour qui aura pris environ 2 heures. Arrive alors la descente jusqu'au village et là pour comble de bonheur d'avoir fait cette petite boucle supplémentaire, je commence à me maudire puisqu'en arrivant sur la route à un petit kilomètre du village, un orage s'abat sur moi. En 5 minutes, je suis tout trempé et il n'y a aucun d'abri. Enfin, j'atteinds l'auberge, l'orage a fait sauter l'électricité mais le soleil est revenu. Il est temps d'aller boire une autre Pilsener dans le centre avec les personnes rencontrées dans la journée.
Le 04/10/08
Un excellent petit déjeuner, puis un homme cool d'une cinquantaine d'années se présente. Il est arrivé hier soir, c'est un français de Chamonix qui me demande quelles sont les ballades sympa à faire dans le coin. Je lui explique mon aventure de ma journée d'hier et l'informe de celle que je prévois pour aujourd'hui est en direction d'une cascade. Finalement, nous ferons le chemin ensemble. Et nous voilà partis pour 5 heures de marche !!! Le rythme est assez élevé, lui il a l'habitude de la montagne puisque c'est son quotidien, moi pas du tout. Mais la fierté fait que je le suis malgré tout et donc je continue à suivre mon "lièvre". Deux heures et demie plus tard, nous voilà arrivés. Lui se met tout nu pour se jeter sous la cascade, moi ayant prévu le coup, je ne serai pas naturiste mais plutôt avec textile. Le temps d'une pose pour se sécher, je pensais faire le retour en direction du village mais il me dit que l'on peut poursuivre encore pendant une heure pour atteindre le refuge. Le problème est que ca continue à grimper et que des nuages commencent à pointer le bout de leur nez. Nous décidons tout de même de continuer et après une heure de marche : refuge, hamac et vue superbe. Il est 13 heures et on a atteint un point qui normalement se fait sur une journée de randonnée ; ca ne m'étonne pas qu'il me fatigue son rythme ! Puis détente dans les hamacs, redescente vers le village mais là, le déluge pour les deux dernières heures de descente. Hier, c'etait Indiana Jones, aujourd'hui ce serait plutôt Rambo qui marche dans la gadoue et les flaques d'eau. Bref, une bonne douche bien méritée en arrivant, une bonne bière et un bon repas me permettent de reprendre des forces et aussi de prévoir mon trajet pour lundi.
Le 05/10/08
Une journée de repos, afin de prendre la route pour le Pérou. Le choix est fait je vais prendre la direction de Chiclayo pour ensuite bifurquer, faire un tour dans la jungle du côté de Iquitos. Je consacre ma journée à faire une liste exhaustive d'équipements me permettant de ne pas me faire trop attaquer par les féroces moustiques que je rencontrerai là-bas. Un tour à la laverie et une dernière visite du centre ville. Etant dimanche, une fanfare est en place à la sortie de l'église. Le rythme est bon et joyeux, ce qui rend mon départ pas forcément triste mais légèrement amer dans ce havre de paix qu'est Vilcabamba. Une dernière Pilsener en fin de soirée sur la place principale avant de retourner boucler mon sac.
Le 06/10/08
Me voilà de nouveau sur la route avec mon sac sur le dos. Aujourd'hui est un grand jour, je vais dans la nuit passer la première frontière terrestre de mon voyage. Le premier bus me ramène à Loja où je me permets de retourner dans le centre ville avec Pierre, le quinquagénaire de Vilcabamba qui a décidé de faire un bout de route avec moi jusqu'à Chiclayo. Le deuxième détour dans Loja me laisse la même impression que la première avec le "mal de bide" en moins. Le bus pour Piura (Pérou) part vers 23h00 ce qui nous laisse une longue attente mais à deux le temps passe plus vite. Enfin, le bus arrive, puis venu de nulle part d'autres backpackers apparaissent. Chose étonnante, il y a là de nombreux français et des belges, ce sera donc un voyage très francophone.
Le 07/10/08
3h15 du matin, réveil pour le passage de la frontière, il n'y a que notre bus et pensons que le passage sera rapide. Mais c'est sans compter sur l'administration équatorienne qui entre 1h30 et 4h00, met à jour (soit disant) ses fichiers informatiques d'entrées et sorties du territoire et nous voilà bloqués pour plus de 45 minutes à attendre que l'on puisse sortir du territoire équatorien. Cela permet de faire connaissance avec un jeune couple qui après avoir passé deux ans en République Dominicaine comme volontaires ont décidé de se marier avant leur retour en France et faire un joli tour en Amérique du Sud pour quelques mois. Ils m'avoueront plus tard que c'est un peu la peur de retrouver la France et ce monde totalement différent qu'est la "jungle urbaine". Enfin, nous passons la frontière après avoir rempli les différentes formalités pour entrer au Pérou. Au petit matin, nous voilà à Piura. Waouh, le changement avec l'Equateur est considérable, les rues grouillent de monde, du bruit partout, les premiers essais d'arnaques de la part des taxis et des moto-taxis. Les moto-taxis, il n'y a pratiquement que cela, un truc du genre pousse-pousse avec la moto qui tracte une cabine. Apres avoir analyser le plan, nous sommes à 300 mètres de la compagnie de car qui nous emmène à Chiclayo (ce qui ne valait pas à les 2$ que nous demandaient le chauffeur). Nous partons tous les quatre, le couple, Pierre et moi à cette station après avoir récupéré quelques soles (monnaie locale). Le bus pars à 8h30, c'est-à-dire qu'il nous reste 2 minutes pour prendre les tickets. C'est parti, les tickets en poche, les bagages en soute et le passage sous le détecteur de métaux (première fois que je voyais ca pour un voyage en bus…) ; nous voilà de nouveau sur la route pour 3h00. Enfin on arrive à Chiclayo, c'est le moment de me séparer de mes amis qui filent sur Trujillo à 2 heures de route. Petit tour pour l'auberge ce fut rapide, même si la négociation pour le prix a été difficile, enfin je m'en sors pour la somme modique de 12 soles (environ 4$ ou 3€). Un tour dans la ville, quelques achats de manches longues pour la jungle et un tour à l'office de tourisme me feront passer la journée. De retour à l'hôtel deux françaises et un belge qui étaient dans le bus pour la frontière sont aussi dans cette auberge, les objectifs de visite du lendemain sont différents mais la soirée ensemble fut agréable malgré la fatigue.
Le 08/10/08
C'est parti pour la visite d'un site archéologique et un tour à la plage cet après-midi. Dès le matin, je me trompe d'endroit pour prendre le bus et je me retrouve à traverser la ville. Une fois dans le bon bus, une étudiante péruvienne assise à côté de moi, son anglais n'est pas parfait mais je la comprends. Etant du village où se trouve le site, elle me propose de m'accompagner pour faire la visite ce qui me va parfaitement. La visite faite, on discute tranquillement et elle me montre, étant français, que dans son village ils font du vin, et c'est parti pour une dégustation privé. Il faudra avouer tout de même que le vin n'était pas très bon. Puis le départ pour la plage, la première fois de ma vie que je vois l'Océan Pacifique, une longue plage avec des pirogues pour la pêche. Je mets les pieds dans l'eau, l'eau étant fraîche, j'en reste là et décide d'aller boire une bière, fraîche elle aussi, sur le bord de mer. De retour à l'auberge, je retrouve mes ami(e)s de la veille et nous décidons que ce soir ce serait bar dansant. Malheureusement c'est mercredi, la piste de danse était vide et sommes restés peu de temps.
Le 09/10/08
Dure journée aujourd'hui, je suis parti pour 24 heures de bus pour rallier Yurimaguas d'où j'embarquerai vers Iquitos. Le bus partira avec 2 heures de retard, sûrement pour problème mécanique puisqu'ils sont tous à mettre le nez dans le moteur. Cela est fortement rassurant de voir que chaque personne autour ne cesse de toucher à tout. On se dit que chacun connaît une partie du moteur ou alors que personne n'y comprend rien…Bref après une dernière goutte d'huile versée dans le moteur nous partons, mon voisin péruvien se signe déjà, en effet c'est à croire que ce serait un miracle d'arriver sans problème à destination. Après 4 ou 5 kilomètres notre bus s'arrête où ??? Dans un garage, espérons qu'un professionnel fera l'affaire et 15 mn plus tard nouveau signe de croix de mon voisin et nous voilà repartis. Finalement, le trajet se passera super bien sauf que le bus ne va pas à Yurimaguas mais stoppe à Tarapoto, la route étant en travaux et les bus n'y ont pas accès. Petit énervement pour que l'on me rembourse une partie de mon trajet et me voilà seul dans les rues de Tarapoto à 4h00 du matin à 120 kilomètres environ de ma destination. Que faire ?? Eh bien je fais du stop et j'embarque dans une "camionetas" transportant je ne sais quelles marchandises. Le type sympa m'explique qu'il emmène ses marchandises au marché.
Le 10/10/08
Il me dépose donc au marché de Yurimaguas et me dit que le bateau pour Iquitos pars à midi. Je prends un bon petit déjeuner avant de partir à la recherche de mon bateau. Après d'énormes difficultés à comprendre ce que me disait le capitaine, me voilà dans un hamac, mais avec un ticket pour Nauta et non Iquitos. En fait on m'explique qu'à Nauta il y a une route pour Iquitos et que je pourrai choisir comment poursuivre le trajet car la traversée dure 3 jours. Quelques provisions faites en ville avant le départ et lorsque je reviens mon hamac se retrouve parmi des dizaines d'autres partout sur le bateau.

Quand je le retrouve enfin 3 mexicains sont à mes cotés ainsi qu'un couple de Barcelone. Il y a de tout sur le bateau, une "bonne sœur" essaiera de m'expliquer qu'il me manque quelques choses dans ma vie pour être heureux... Mais je ne vois pas comment être plus heureux que maintenant, je suis au Pérou à me balader pour un bon moment dans différentes régions d'Amérique du Sud. Je rencontre énormément de gens des quatre coins du monde. Bref une vision différente du monde et par conséquent une incompréhension de l'un et de l'autre. Sa fondation catholique est en Bolivie et aide les jeunes enfants dans l'éducation et ce genre de choses ; je prends l'adresse pour le cas où, peut être ferai-je de l'humanitaire par là-bas, qui sait ? Le périple se poursuit et la cloche sonne l'heure du repas avec les moustiques.
Le 11/10/08
Réveillé par la cloche à l'aube ou presque, le petit déjeuner est à 7h00 sinon il faut attendre le repas du midi. Par miracle aucun moustique n'a sucé mon sang. La toilette, sommaire, sur le bateau, malgré la chaleur et surtout la moiteur de la jungle commence à se faire sentir. Une douche froide avec sans aucun doute l'eau du fleuve puisque l'eau ne semble pas très claire. Je crois que je n'ai jamais autant lu de ma vie que sur ce bateau. Les vaches dans leur enclos commencent à se battre et l'odeur selon le sens du vent nous fait se demander si l'on est sur un bateau ou dans une ferme… Quelques photos, dans les différents ports où nous nous arrêtons une quinzaine de minutes pour livrer les différentes marchandises. Ca va aussi bien de la poule en passant par les fruits et légumes, un vrai marché ambulant ce bateau. Rien de bien excitant se passe à bord, quelques parties de cartes avec les rencontres en provenance du Mexique, du Chili et d'Espagne. Autant dire que mon Espagnol se renforce très sérieusement, je comprends parfois nettement mais les mots ont du mal à sortir de ma bouche même si je me force. Mais ils sont patients et cela donne quelques fous-rire.
Le 12/10/08
On aurait dû me réveiller pour que je parte pour Nauta, mais à ma place ils ont réveillé l'espagnol qui les a envoyés voir ailleurs. Finalement, ce n'est pas plus mal : mon billet m'aura coûté moins cher et j'arriverai directement à Iquitos dès cet après-midi. Le fleuve continue son rythme jusqu'à ce qu'émerge : une vraie ville au milieu de la jungle, IN-CRO-YA-BLE. Alors qu'à présent on ne voyait que de petites baraques typiques, nous voilà dans une ville au milieu de nulle part. Le bateau accoste et mon ami Chilien me propose alors de partager son guide. Renseignements pris l'homme a l'air sérieux ; il dit venir lui-même de la jungle et Walter (le Chilien) me confirme qu'il lui a été recommandé par des amis. Alors l'affaire est conclue, nous partirons pour 5 jours et 4 nuits dans la jungle. Je prends un petit appartement en rêvant déjà de crocodiles, etc. Reste à voir si cela répondra à mes attentes...