Deux mois déjà
Cusco le 10/11/08
Il y a longtemps que je n'avais pas pris un bus de nuit d'un tel confort ma surprise a été grande vu la somme modique versée. Me voilà donc arrivé à Cuzco, et à première vue les prix ont flambé : pas de petit déjeuner sous les 7 soles alors qu'à Arequipa 4 ou 5 suffisaient. Voilà qui ne m'enchante guère à rester d'autant que mon hôtel n'est pas très accueillant. Il ne m'en faudra pas énormément plus pour me mettre à l'idée de fuir cette ville, même si le centre historique semble joli. Peut être le blues d'Arequipa me trouble la vue, donc je décide bel et bien de partir dès le lendemain en laissant une seconde chance à Cuzco lorsque je reviendrai du Machu Picchu.
Premièrement glaner quelques informations, pour ce fameux trek de 8 à 10 jours, au centre touristique. Mais là évidemment lorsque j'annonce vouloir faire cela par mes propres moyens et non par une agence, on m'annonce qu'il ne faut pas, c'est dangereux, il n'y a pas de bus pour s'y rendre et j'en passe des meilleures. Bref je me rends compte qu'il faudra faire autrement quand j'entends parler français dans la rue et de Choquequirao, j'arrête ce jeune couple français qui m'envoie pour de bonnes informations vers un centre au nom de "South American Explorer". La direction est prise et là je tombe sur le parfait bonheur de tous randonneurs, cartes topographiques où sont surlignés les différents chemins, renseignements sur la difficulté, les auberges et campings mais aussi comment se rendre au point de départ avec les horaires et prix des transporteurs. Bref j'ai ici trouvé ma "caverne d'Ali Baba" et prends toutes les notes utiles ainsi qu'une carte. Voilà qui est fait, il ne me reste plus que deux petites choses à faire la première est plutôt malhonnête mais lorsque l'on voit qu'il faut débourser 40$ pour entrer au Machu Picchu sans compter le guide et le retour en train (que je ne suis pas sûr de prendre pour le coup) et encore 40$ si l'on veut visiter les points intéressants de Cuzco avec le fameux "boleto touristico". Alors pour avoir les prix de moitié direction l'université de Cuzco où l'on trouve assez facilement de quoi devenir étudiant international pour 3$. Une demie heure d'attente et me voilà étudiant avec la carte qui va bien, elle ressemble à une vraie mais on verra ce que ca donnera. Dernière chose : trouver de quoi manger pour ces quelques jours, des choses simples et légères comme du riz des pates et des soupes sans oublier le nécessaire à petit déjeuner confiture et café. Retour à l'hôtel où la douche du soir sera glaciale, alors que pourtant je commence à avoir l'habitude, le problème est qu'à Cuzco le temps est plus frais qu'Arequipa. Puis vient l'heure de boucler le sac pour une dizaine de jours de randonnées, celui là ferme mais obtient un total dépassant les 20 kilos. Confiant en mon entraînement précédent, je décide de partir avec tout ce que j'ai en espérant ne pas faire là une grande erreur je m'endors en regardant une dernière fois le trajet.
Cachora le 11/11/08
6h00 du matin et déjà à la gare routière pour prendre le bus qui sera encore une fois grand luxe pour une somme modique. Le départ est prévu à 6h30, tout se passe bien j'informe par deux fois la première en donnant mon bagage et la deuxième après le départ au compostage des billets que je m'arrête avant le premier arrêt de Abancay puisque je vais à Cachora. "Si, señor, es no mas problemo". Mais à mon réveil à 10h30 je vois un panneau marqué "Abancay 30km" soit mon arrêt dépassé de 20km. Je fustige à la fois contre l'assistant du chauffeur pour avoir oublié (mais bon j'ai l'habitude, je suis moi-même une petite tête dans ces moments là) et contre moi pour m'être endormi et ne pas m'en être rendu compte plus tôt. Il me faudra donc attendre à Abancay, le bus qui va dans l'autre sens pendant une bonne heure. Au total j'aurai perdu 2h30, il me sera donc impossible de partir de Cachora le jour même. Le bus me dépose à 4km du village et puisque n'étant plus pressé de rejoindre le début du parcours décide de ne pas prendre un taxi, mais de tester le poids de mon sac sur ces quelques kilomètres. Ce n'est quasiment que de la descente mais le poids de mon sac ne m'handicap pas trop et décide donc de le garder tel quel pour la randonnée. Arrivé au village, je le trouve charmant et à peine ai-je posé mon sac et suis dans la ville à me balader que les enfants s'amusent autour de moi avant qu'une "mamita" les arrête afin de m'inviter à boire un verre de maïs fermenté avec ses amis. Le touriste solitaire il n'en voit pas trop mais les apprécie me dit-elle car les groupes eux ne prennent pas le temps de rencontrer les gens et vont directement dans leur hôtel. Je lui confirme alors qu'en étant seul comme pour Colca et mes autres passages solitaires, je voyais le vrai Pérou, alors que j'avalais son verre pas mauvais du tout mais en espérant ne pas être mal le lendemain. Les soirées dans les montagnes sont courtes, juste le temps de prendre la "cena" et tout le monde est au lit pour se réveiller demain à 5h00 alors je fais de même.
San Juan le 12/11/08
Tout est prêt enfin je l'espère, ma carte dans une poche, la boussole dans l'autre et mon sac sur le dos. Il est tôt et la journée risque d'être longue puisque 24 kilomètres sépare mon point de départ Cachora et mon point d'arrivée San Juan. Après quelques renseignements, sur le chemin auprès de mon hôte me voilà parti. Le plus dur sera la chaleur aujourd'hui car il n'y a pas l'ombre d'un nuage. Au bout d'une dizaine de kilomètres, je ne comprends pas trop quelle est la difficulté car déjà ce n'est même pas un chemin mais une route poussiéreuse que je suis et en plus tout est plat. Enfin à mi-parcours la route s'arrête net pour un petit chemin et là je constate l'ampleur de ma première tâche 4 kilomètres de descente pour rejoindre le "rio". Depuis mon départ je n'ai rencontré personne, mais le chemin semble correct. Une fois arrivé tout en bas une petite auberge, où je rencontre un muletier qui revient de Choquequirao avec un touriste anglais. En posant mon paquetage celui-ci se presse pour savoir le poids de mon sac qui lui semble énorme pour monter jusqu'à Choquequirao. Après l'avoir soulevé celui-ci l'estime à 25kg et me fait comprendre que je n'arriverai pas là haut autour d'un verre de jus de fruit. Mais à sa grande surprise quand je lui annonce que mon trajet ne s'arrête pas à ce premier site mais d'aller directement au Machu Picchu, il me regarde avec de grands yeux en me disant que je suis complètement fou. Voilà une chose qu'elle est rassurante!!! Bref il me reste 4 kilomètres de grimpette, au pire moment de la journée puisqu'il est 14h00. Première ascension et première difficulté, il me faudra plus de 2heures pour rejoindre San Juan, avec tellement peu d'eau que j'arriverai au village complètement assoiffé. Ce sera la première leçon que me donnera la montagne… Une fois au village et un litre d'eau englouti en 5 minutes, Julian l'occupant des lieux m'aide à mon installation. Explication de ce qui m'attend pour le lendemain avant une bonne douche froide et le repas au coin du feu.
TRAJET: 24km (16km de plat, 4km de descente et 4km de montée)
PHYSIQUE: Au beau fixe
MORAL: Au top
Choquequirao le 13/11/08
La veille Julian, m'expliquait qu'il me faudrait environ 4 à 5 heures de marche pour atteindre le camp de Choquequirao et m'attarde donc un peu le matin à prendre un copieux petit déjeuner. Comme prévu je commence par les 4 premiers kilomètres de montée, sous un temps couvert et assez frais ce qui rend la chose plus facile. Par contre là où je me rend compte que le Pérou est quelque chose de différent, c'est que Julian me disait suivi de 4km de plat. A croire que le plat Péruvien est différent de celui en France, car je me retrouve à faire que monter et descendre. Alors pour sûr oui, je ne change pas d'altitude, mais le chemin reste assez difficile. Mon arrivée est accueillie assez froidement pour une fois par deux jeunes péruviens, je plante ainsi ma tente avant de filer droit aux terrasses de Choquequirao. Ce site abandonné au profit du Machu Picchu est en plein renouveau depuis quelques années, et une fois sur les lieux un archéologue péruvien (Johnny) me propose de me les faire découvrir .
Ses explications sont presque mieux que celles d'un guide car l'on sent qu'il vit vraiment tout ce qu'il me présente m'explique les différentes découvertes, l'histoire qu'il s'y est passée, ce qu'il reste à découvrir, les moyens pour organiser les fouilles et aussi les connaissances au niveau mathématiques et astronomiques des Incas. Ainsi, je lui demande si demain matin il pourrait me faire aussi la visite de la cité qui se trouve quelques peu plus haut et sans aucune hésitation répond favorablement à ma demande. Retour au camp, mais mes hébergeurs sont toujours très peu loquaces et par conséquent la soirée ne s'éternisera pas.
TRAJET: 8km (4km de montée et 4km de plat Péruvien)
PHYSIQUE: Encore la forme
MORAL: Toujours au top
Maizal ou presque le 14/11/08
6h00 du matin, réveil assez brusque, ma tente tremble de tous les côtés avec des "hello, good morning" lancé à haute voix. J'ouvre un œil et aperçoit Johnny tout fringuant m'annonçant que dans le petit déjeuner se prépare et qu'ensuite on pourra partir voir la cité. Son enthousiasme fait plaisir à voir alors me lève et commence à refaire le sac. Une fois à la cuisine, le café est servi ainsi qu'une assiette remplie de riz frites et œufs.. J'annonce mon ambition de poursuivre jusqu'au Machu Picchu et là Johny s'empare de ma carte et commence à marquer toutes les heures de marche, les différents villages et m'annonce que c'est la route où les Incas cherchaient l'or. Sur mon plan, il me marque que je dois m'arrêter aujourd'hui à Maizal qui serait à 6 heures de marche depuis la cité. Voilà qui me semble parfait pour prendre le temps de visiter la cité.
Pendant la visite, mon interlocuteur n'arrête pas de parler , faire des gestes pour chaque explications me montre les endroits exacts ont été retrouvés telle et telle chose. C'est sur les coups de 10h que je l'oblige à s'arrêté car je dois poursuivre ma route. Je ne sais comment le remercier pour tout cela, mais comprends vite que rien que le fait d'avoir été intéressé par tout cela l'a rendu heureux. Me revoilà reparti sur le chemin, plein d'images et d'histoires en tête mais au bout de 7 heures me rends compte que la nuit va pas trop tarder que je suis au milieu d'un flanc de montagne dont je ne vois aucun signe de vie et que les 6 heures pour atteindre la maison que me disait Johnny est peut être à 6h00 de marche pour lui qui vit la toute l'année et s'y ballade sans sac ou avec une mule. Juste avant la tombée de la nuit vers 18h00 complètement épuisé avec le froid qui commence à arriver, je tombe sur une fermette qui semble abandonnée. C'est à la lampe frontale que j'installe ma tente et prépare mon diner seul au milieu de nulle part avant de m'endormir avec une température de 8°c et la pluie. Encore une nouvelle leçon "ne jamais prendre au sérieux les horaires données en montagne par des Péruviens"
TRAJET: 13km (7km de descente et 6km de montée)
PHYSIQUE: A bout de souffle, le poids du sac commence à se faire sentir
MORAL: Plutôt en berne, un peu perdu
Yanama le 15/11/08
Hier en ouvrant ma tente je tombais nez à nez avec mon guide mais aujourd'hui je suis réveillé par quelques choses qui broute de l'herbe et après avoir ouvert la tente peu observé une vache.
Longtemps en pliant la tente et pendant le petit déjeuner j'ai pensé l'utilisé pour porter mon sac, mais non. 1h00 après avoir quitter mon campement je tombe sur la fermette de Maizal, les 6h00 prévu se sont transformées en 9h00 de marche. Je demande alors à la jeune femme combien de temps il me faudrait pour rejoindre ma prochaine étape et elle m'annonce 7 à 8 heures de marche lorsque Johnny m'en avait marqué seulement 4. Je lui demande si ce ne serait pas seulement 4 heures, elle a alors un sourire et me dit très gentiment "Pour elle oui, mais pour moi si déjà en 4 heures j'arrive au sommet avec mon sac ce sera déjà une belle performance". Ca a au moins le mérite d'être claire!!! Je poursuis avec quelques gouttes de pluie, le chemin est complètement boueux, on ne fait plus attention par la fatigue où l'on met les pieds. Là où d'habitude on évite les différentes crottes de mule ou de cheval, je me dis que si elles ont choisi ce passage à droite plutôt qu'à gauche c'est que ca doit être plus facile alors on y passe. Complètement épuisé après plus de 5 heures de marche j'arrive enfin au sommet et m'y installe quelques minutes pour observer le paysage. Mais du fait de la fatigue je ne prends même pas le temps de regarder où je m'assois quand soudain me retrouve les fesses complètement trempées puisqu'assis sur un rocher où se trouvais une flaque d'eau.
Encore un peu de courage pour rejoindre le village de Yanama en contrebas qui semble si proche et pourtant nécessitera encore une bonne heure et demie de marche. Exténué, le village ne m'épargne pas il ressemble à un vrai labyrinthe où les maisons n'ont pas d'entrée, mais trouve une petite ferme avec un jeune garçon assis de dos. Je balance mon sac, et lui annonce un "buenas tardes" mais aucune réponse, j'avance et le contourne pour lui dire "ola" , mais la réponse fut très brève avec un cri d'horreur l'enfant gesticule dans tout les sens presque à tomber de son petit tabouret, quand sort de la case une femme d'un certain âge qui me baragouine des choses incompréhensibles. Où suis-je tombé, j'ai l'impression d'être sur une autre planète avant de comprendre que l'enfant semble être handicapé un genre d'autisme et que la vieille femme me parle en Quechua et qu'elle ne comprend pas vraiment l'espagnol. Je laisse alors mon sac et parcours le village jusqu'à l'école où l'institutrice viendra lui expliquer que je veux juste planter ma tente pour la nuit et utiliser sa cuisine au feu de bois. Au final la soirée, sera assez sympa pris peut être un peu d'affection par cet enfant à qui je sifflote quelques airs qu'il semble apprécier, malgré les quelques cris à en faire peur par moment. La vieille dame aura le sourire pendant toute la soirée en nous voyant l'enfant et moi malgré qu'elle n'est pratiquement plus de dents. A mon grand regret je n'aurai pas pu prendre de photos, comme si cet appareil est était un engin de mort. L'institutrice m'expliquera par la suite que la dame a peur qu'on lui vole son esprit. Toute cette soirée aura au moins permis de me faire oublier toutes mes différentes douleurs de la journée.
TRAJET: 12km (8km de montée et 4km de descente)
PHYSIQUE: Nombreuses douleurs aux pieds et épaules.
MORAL: Ras le bol des lacets interminables pour montée, mais fier de mon ascension
Totora le 16/11/08
Ce matin la dame m'a préparé un café, et à mon départ ils sont là tous les deux à me faire des grands signes de la main pour me dire au revoir pratiquement jusqu'à ce que l'on ne puisse plus se voir. Aujourd'hui si je tiens compte des informations annotées par Johnny il y a 5h00 de marche jusqu'à Totora soit une estimation pour ma part d'un minimum de 7h00, chose confirmée par un autochtone du coin un peu plus tard. Soit disant que le chemin est plus facile mais que ca monte un petit peu à un moment. En effet les premiers kilomètres sont simples, mais le froid est là le thermomètre ne dépasse pas les 10°c et les nuages menaces. Quand soudain je regarde devant moi et ne voit qu'un grand mur de montagne devant, nous sommes à environ à 3500 mètres et va falloir monter à 4100 mètres. L'ascension est plus simple qu'hier mais arrivé en haut je suis congelé, je suis en plein dans les nuages la pluie recommence de plus belle et je me demande même parfois si ce n'est pas de la neige en tout cas un peu plus haut sur la montagne à ma gauche, qui doit être à 5000 mètres, est toute blanche au sommet. Pas le temps de s'attarder au sommet, juste le temps de poser ma petite pierre sur l'édifice qui il y a sur chaque sommet et replonge sur l'autre versant de la montagne. C'était le dernier sommet avant celui du Machu Picchu et suis heureux de savoir que maintenant il ne reste plus qu' à redescendre sur Aguas Calientes en deux jours. Arrivé sur Totora un superbe petit village traversé par un torrent. Je suis accueillit par deux jeunes garçons entre 10 et 15 ans, et leur petite sœur d'environ 6. Il s'empresse de m'aider à monter ma tente, la petite fille est adorable et ne me lâche pas d'une semelle. Toute la famille vit sur le même terrain ainsi que tous les animaux (chiens, chats, cochons, mules, poules et les cochons d'inde en liberté dans la cuisine). Lorsque je demande à utiliser la cuisine on m'annonce que le repas est presque prêt, donc pas le choix ce soir au dîner c'est repas de fête on a tué un cochon d'inde pour la viande que l'on partagera (ca fait pas énorme tout de même) avec du riz. Le plus grand n'arrêtera pas de me poser des questions alors que la plus petite fera une comédie pour pouvoir manger à côté de moi. Le repas est assez folklo!!!
TRAJET: 15km (5km de plat, 4km de montée et 6km de descente)
PHYSIQUE: Complètement gelé et fatigué
MORAL: Remotivé la dernière ascension est passée dernière ligne droite avant le Machu Picchu
La Playa le 17/11/08
La journée la plus tranquille est pour aujourd'hui que de la descente et du plat enfin ce que même moi maintenant j'appelle du plat. La ballade est superbe entre les vaches et les chevaux qui sont sur les bords du torrent que je suis sur tout le trajet jusqu'à La Playa. Même le nom du village me donne envie d'y arriver au plus vite.
Les paysages sont magnifiques tout comme le beau temps qui est revenu. Lorsque soudain la végétation se fait plus dense pour me retrouver à une altitude assez basse et par conséquent se trouve une mini jungle. Voilà qui n'était pas du tout prévu et avant d'avoir le temps de m'asperger d'anti-moustiques, j'ai déjà été dévoré par ces infectes insectes. Arrivé à la Playa et après 6 jours de marche intense et environ 90km , je suis complètement au bout du rouleau. En plus dans ce village il n'y a que le nom qui indique une plage, moi ce que j'y trouve ce n'est que des nuages de moustiques. Me voilà maintenant plus proche de la ville à environ 20km d'Aguas Calientes, ville en contrebas du Machu Picchu et par conséquent je suis hébergé là plutôt par un homme qui a le sens des affaires plutôt que le sens de l'hospitalité. Bienvenue dans le monde moderne Cyril.
TRAJET: 16km (5km de descente et 11km de plat Péruvien)
PHYSIQUE: Au bord de l'épuisement
MORAL: Au mieux malgré les moustiques
Aguas Calientes le 18/11/08
Aujourd'hui il y a deux mois exactement mon avion atterrissait à Quito en Equateur et maintenant je suis aux portes du Machu Picchu. Deux possibilités s'offrent à moi ce matin suivre la route de terre à pied sur 18km, où embarquer avec le camion qui livre en produits divers le village et qui passe à 9h00.
J'opte pour la deuxième solution afin de garder de l'énergie pour l'ascension du Machu Picchu et aussi relaxer un peu mon dos qui commence à donner des signes de fatigue. Voilà comment je me retrouve à l'arrière d'un camion entouré de cagettes de bouteilles de Cusquena (bières du coin) coca et autres à retenir de tomber sur moi à chaque trou rencontré sur le chemin de terre. Tout ça pendant une petite vingtaine de kilomètres. Enfin me voilà à hydroelectrica, encore deux solutions attendre pendant 5heures le train ou parcourir les 5 kilomètres à pieds. Encore une fois je choisis la deuxième solution. Il suffit juste de faire attention quand un train arrive, et se pousser dès que l'on entend son coup de klaxon. Le chemin est assez emprunté et je recroise quelques touristes, un couple de Japonais et une famille Franco-Germaniques avec qui je ferai la route. Un couple et deux enfants partis eux aussi pour un an, comme quoi l'un empêche pas l'autre... Enfin Aguas Calientes, la ville tant espérée, entourée de hautes montagnes de chaque côté. Une vrai fourmilière à touristes, presque 5000 touristes par jour y transitent. C'est le moment pour moi de fêter mon aventure pendant un happy hour au Pisco Sour et un bon repas avant de me coucher tôt pour un réveil à 4h du matin.
TRAJET: 23km (18km de camionnette et 5km a longé la voie ferrée)
PHYSIQUE: Journée repos avant l'ascension dite difficile pour le Machu Picchu
MORAL: Impatient d'être demain
Machu Picchu le 19/11/08
Le réveil sonne, il est 4h15, et saute du lit impatient de savoir ce qui m'attend. 30 minutes plus tard je suis dehors la lampe frontale pour m'éclairer. Il faut une 15 de minutes pour arriver au pieds des marches plus de 1500 afin d'arriver à l'entrée du site. D'ailleurs il faudra m'expliquer un jour pourquoi ces marches sont si grandes alors que les incas comme les Péruviens sont petits. Je me sens tout léger mon sac de 25kg étant resté à l'hôtel, et j'ai juste mon petit sac à dos. On préconise une heure pour arriver au sommet il m'aura fallu seulement 35 minutes. Un vrai jeu d'enfant comparé à ce que j'ai fait les jours passés. Je dépasse un à un chaque touriste parti un peu plus tôt que moi. J'ai l'impression d'être une vraie formule 1 qui double des 2CV (malgré tout le respect que j'ai pour cette voiture). Une fois en haut, je serais tout de même surpris de n'arriver qu'en 3ème position, les deux premiers étant les japonais croisés sur les rails la veille. Ils sont encore tout essoufflés et viennent juste d'arriver mais m'expliqueront qu'ils sont partis à 3h30. Bref me voilà à l'entrée 25 minutes avant l'ouverture mais le temps n'est pas au rendez-vous il pluviote et les nuages nous entoure. Ce qui laisse la question dois-je reporter la visite au lendemain. Mais le mois de Novembre dans ce coin est toujours comme cela et général paraîtrait que les nuages sont chassés ensuite par le vent. Je prends mon ticket et enfin la délivrance 6h00 ouverture des portes… direction le Wayna Picchu pour réserver la place (mais seulement pour 10h00 en espérant ainsi que le temps se dégage) puisque seulement 400 personnes y ont accès par jour. Petite ballade dans la cité, et cette ambiance au milieu des nuages laisse un côté mystérieux à cet endroit qui au final est assez sympa sauf pour les photos. Je profite des différents groupes pour écouter ce que dise les guides et ainsi aurait fait la visite en 4 langues différentes au total (espagnol, anglais, français et allemand).
Ensuite vient le long moment d'attente les nuages ne bougent pas et il est déjà 9h00 lorsque soudain le vent se lève et pousse les nuages pour nous faire découvrir du point panoramique un à un les différents lieux du site. On aurait dit un vrai spectacle comme lorsque qu'un magicien enlève le tissu qui recouvre la boîte magique. C'est seulement à ce moment là que je me rends compte de l'immensité de la cité. Tout d'abord les terrasses, le temple du soleil, le palais royal, le temple des trois fenêtres, le temple du condor, la prison, le secteur résidentiel, la place centrale et enfin le rocher sacré. Juste à temps avant de pouvoir grimper sur le Wayna Picchu.
De là haut, une vue en plongée sur le site et la visite du temple de la lune. Après avoir passé environ 8h00 sur le lieu, me voilà à redescendre les marches pour reprendre le train en direction de Cuzco la tête pleine de rêve, en repensant a tout ce périple de 8 jours au total qui restera un des grands moments de mon voyage.
TRAJET: 1500 marches pour arrivé au site sans compter toutes celles du site.
PHYSIQUE: Besoin de repos
MORAL: Aux anges