Par Cyril
Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 18:00

Découvrez Celia Cruz!



Salut à tous, nous nous étions quittés en plein voyage en direction de Valparaiso, et c’est donc une nouvelle frontière avec un nouveau tampon sur mon passeport que je me retrouve au Chili. Le passage de frontière a été long puisque beaucoup d’Argentins étant en vacances prennent la route vers l’Océan, et les contrôles sont nombreux. Enfin après deux heures d’attente pour le visa et mon sac reniflé par le chien et passé au scanner, la route peut reprendre.

Dès mon arrivée, de bon matin je marche dans les rues désertes de Valparaiso, la ville semble agréable mais chercher un hôtel avec un sac sur le dos devient rapidement un trek difficile car ici les rues ne font que monter et descendre. Finalement je vais séjourner dans une auberge pleine de couleurs, où tout le confort semble présent et l’on m’offre le premier petit déjeuner. Mais pas le temps de traîner, il faut au plus vite arriver ce pour quoi j’ai décidé d’arriver aujourd’hui. Mais où est le bivouac ??? En déambulant dans les rues, je tombe sur une station service où se trouve un équipage du Dakar, cela tombe bien ils sont français.

Petit tour autour de la voiture et échange d’informations avec le pilote qui m’indique la direction du bivouac. J’ai bien tenté de m’y faire emmener dans son bolide, mais malheureusement son copilote est lui aussi présent et il n’y a par conséquent pas de place pour moi. Sniff !!! Le lieu est écarté du centre ville et je décide de prendre le bus pour m’y rendre, je comprends très vite à mon arrivée que je ne serai pas le seul sur les lieux, le Dakar ici semble très populaire même si la plupart d’entre eux ne le connaissait pas auparavant. C’est alors qu’arrive une frustration puisqu’il est impossible d’entrer et il faudra seulement se contenter de rester derrière les barrières tout autour du site.

Finalement il est presque plus sympa de voir les voitures circuler en ville, où tous les pilotes se précipitent pour laver leurs voitures avant de profiter de leur jour de repos en visitant « Valpo ». Je décide donc de retourner dans le centre ville à pied en longeant le bord de mer, mais je ne m’attendais pas à être aussi éloigné du centre et la ballade sera longue et belle entrecoupée par le balai des différents quads, motos, voitures et camions. Lorsque j’aperçois un troupeau de personnes criant le nom de Carlos, Carlos Sainz était présent pour une séance de photos dédicacées. Autant je peux aimer regarder les véhicules mais alors les pilotes…je n’y vois aucun intérêt surtout les pros pour qui le Dakar reste une chose aisée, grâce à toutes leurs équipes et du coup je poursuis mon chemin. Je finis ma journée en faisant connaissance de ma chambrée, puisque je suis dans une chambre de trois, avec deux allemandes en provenance du sud qui m’expliqueront les bons plans.

Les deux jours suivant seront consacrés à la visite de la ville, et sur ce point je crois que deux jours ne seront pas suffisants. Cette ville dont j’entendais parler déjà avant mon départ par tous ceux qui s’y étaient déjà rendu, ainsi que ceux croisés sur mon chemin ne s’y étaient pas trompés et je ne vois pas qui ne pourrait pas tomber amoureux de cette ville aux mille couleurs. Evidemment marcher dans ces différentes rues, ruelles et ces petits passages piétonniers relève d’un certain défi pour ne pas s’y perdre et en plus les pentes sont extrêmement raides. Quoique en ce qui concerne les pentes, il y a un système assez amusant d’ascenseur qui craque dans tous les sens et dont le plus vieux date de 1883 le fameux « Ascensor Concepción ». D’ailleurs pour ceux qui veulent continuer la visite avec moi, je vous propose de prendre l’ »Ascensor Espiritu Santo » qui nous emmènera au Museo a Cielo Abierto (musée à ciel ouvert).

 

Alors…je suis persuadé que comme moi vous avez trouvé çà beaucoup moins fatiguant !!! Après ce petit tour en ascenseur nous voici arrivés dans un musée des plus amusants, il suffit de se promener dans quelques ruelles pour apercevoir différentes peintures se trouvant sur les murs des bâtiments. Il y a là 20 chefs d’œuvre fait par des étudiants dans le début des années 1970. Il est assez amusant de voir comment l’art peut être beaucoup plus communicatif pour certaines personnes qui n’y connaissent pas grand-chose comme moi lorsque l’on n’a pas besoin de se traîner dans un musée. En tout cas certaines oeuvres sont vraiment exceptionnelles.

Le plus amusant c’est qu’une fois sorti du dit musée, dans toutes les rues de Valpo on retrouve ce genre de graphisme jusque sur les poubelles et si même le pinceau a été remplacé par la bombe de peinture, le résultat reste magnifique. Un graffiti vraiment bien réalisé peut devenir une  véritable œuvre d’art. Bref vous avez tous compris que dans cette ville on pourrait s’y balader des jours et des jours sans s’en lasser et en ayant le sourire jusqu’aux oreilles rien que par le fait d’être entouré des couleurs vives des maisons. Malheureusement, certains buildings commencent à apparaître, et alors il faut remercier les quelques architectes ne prenant aucune considération des lieux et seulement des bénéfices à réaliser. A Valparaiso et un autre village au nom de Isla Negra, se trouvent deux maisons d’un des plus grands poètes chiliens que beaucoup doivent connaître, c’est Pablo Neruda. A visiter ces deux maisons on comprend très vite d’où il puisait toutes ces inspirations, avec de chacune une vue magnifique sur l’Océan Pacifique. Une fois à l’intérieur, tout y est fait pour se croire à l’intérieur d’un navire où Neruda en était très certainement le capitaine.

Mon dernier jour sera consacré à me rendre à Vina del Mar, où l’on peut trouver un marc absolument magnifique, le charme de celui-ci est étouffé par les différents vacanciers qui friment comme si l’on était sur la Côte d’Azur. En plus pour ma part les chiliennes n’ont pas forcément le charmes des argentines… Toutes les meilleures choses ont une fin, c’est bien là que réside le problème d’une vie et c’est ainsi qu’il faudra laisser un autre amour (je parle ici de la ville, rien d’autre) pour partir sur Santiago dès le lendemain.

 


Santiago ne sera qu’une étape très courte parce que la ville en elle-même n’a rien de vraiment formidable à offrir mais cela me permettra de rendre visite à Walter, ce cher compagnon de route dont peut être vous vous souvenez. Mais si rappelez-vous c’était mon Indiana Jones préféré qui m’accompagnait dans mon périple dans la jungle. Bref ce fut la première fois que j’ai pu boire une bière en sa compagnie sans la présence de moustique. La suite de l’aventure prendra la direction de la région des lacs plus au sud, à environ 700km de Santiago.

 


Dès mon arrivéa à Villarica le contraste des paysages est saisissant, si l’on enlève la présence de ce volcan qui ne fait que fumer, on pourrait se croire en Suisse. D’ailleurs je me retrouve dans une auberge tenue par des suisses au nom de la Torre Suiza. Pas la peine de vous faire un dessin pour vous faire comprendre. Mon premier jour sera des plus calmes à prendre des informations dans la grande ville voisine Pucon, un genre de St Tropez que j’ai voulu éviter en me basant sur Villarica. Mais tous les tours et les informations touristiques sont ici et à ma grande désillusion j’apprends que je ne pourrais pas faire l’ascension du volcan sans guide. Rendez-vous est pris avec une agence pour lundi, soit dans deux jours avec un Chilien (Antonio) qui est à la même auberge que moi. A contempler le paysage, je comprends très vite que mon voyage va reprendre le nom de "trekking" et ce n’est pas pour me déplaire. Mais pour l’instant ce sera une bière fraîche sous le soleil au bord de la plage du lac où nombreux sont les baigneurs.

Enfin le grand jour arrive, lundi matin 5h15 du matin, l’excitation est à son comble je vais me frotter à l’un des volcans les plus actifs du Chili, le volcan Villarica, sa dernière grande éruption date de 1970 mais avait été très violente, il y a 2 ans aussi une petite éruption. 6h30 direction le pied du volcan, où l’on nous fournit l’équipement nécessaire et qu’y a-t-il dans l’équipement ??? Le premier truc est le casque, non pas en cas d’éruption mais en cas de chute de pierre. Ensuite ce sera un piolet et des crampons, et oui, le Villarica est enneigé à son sommet et c’est ainsi que je découvrirai les joies de cette randonnée. Le reste du matériel servira pour la descente… Il faudra seulement 1h00 pour atteindre la partie enneigée, et après les explications et exercices pour l’utilisation du piolet et des crampons nous partons pour environ 3h00 d’ascension.

Nous sommes un groupe de quatre, avec Carlos notre guide, Antonio mon colocataire et Bert un allemand. Si l’ascension me semble facile et pas trop fatigante ce n’est pas le cas pour tout le monde. Antonio m’expliquera alors que bien que le Chili ait les plus belles montagnes, glaciers etc.… très peu de chiliens font des trekkings ou des randonnées en me disant que le Chili est un pays motorisé. Nous arriverons finalement tous ensemble au sommet, et si je ne suis pas essoufflé, le pauvre Antonio doit en prendre plein les poumons a respiré comme il le fait. Seul petit problème c’est que au sommet d’un volcan actif vous êtes très loin de trouver de l’air pur, mais des émanations toxiques du volcan avec cette odeur d’œuf pourri permanente. Les couleurs au sommet sont magnifiques avec des roches passant du rouge au vert en passant par la poussière grise et la neige blanche.

Carlos nous emmènera au bord du cratère et ma passion du vide et aller au plus près du bord a fait quelques frayeurs à mon guide et moi-même à cause d’un coup de vent violent. Mais du coup j’ai eu la plus belle photo de l’intérieur du cratère !!! Ce trou circulaire qui s’enfonce au cœur de la terre d’où sort la fumée est impressionnant.

C’est le moment d’enlever les crampons et de mettre la tenue pour redescendre. Pour redescendre rien de plus simple, il y a des toboggans de neige, comme une piste à bobsleigh sauf que le bobsleigh ce sont nos fesses. Nous partagerons tous une bière à notre retour, se félicitant chacun d’avoir accroché un nouveau sommet à notre palmarès. Cà n’aura pas été la plus belle, ni la plus dangereuse et encore moins la plus difficile de toutes mes ascensions, mais retiendrai deux choses sur ce sommet : ma première expédition avec piolet et crampons et l’étonnante activité du volcan avec ces mini-explosions internes faisant un brouhaha sous nos pieds. Le deuxième jour sera une expédition plus tranquille au programme la visite de chutes d’eau que l’on appelle Ojos de Caburgua, suivi d’une petite marche de mise en forme de 7km pour rejoindre le lac de Caburgua.

La chute d’eau n’est pas très haute, mais c’est surtout la transparence de l’eau et son bleu qui vous intrigue. Comment vous l’imagez, peut-être avec ce truc bleu que l’on met dans les toilettes qui donne une couleur bleue à l’eau, ben là c’est pareil en plus beau, lol. Le soir un petit tour en ville me permettra de voir un Chinchinero, c’est une personne qui danse en même temps qu’il fait de la musique. Vous avez tous vu Marry Poppins avec ce type jouant tous pleins d’instruments tout seul là c’est identique sauf qu’il n’a qu’une grosse caisse derrière lui, qu’il active avec un pied et un bâton dans chaque main lui permettant aussi de taper sur cette grosse caisse. Généralement un spectacle de rue pour les petits m’a raconté Antonio, mais surement ne devais-je pas être plus grand car j’étais fasciné et amusé par ce spectacle qui doit être super physique vu comment il danse.

Viendra mon dernier jour où je me dirigerai avec Antonio vers le parc de Huerquehue autour des lacs. Si je pensais à une randonnée facile ce n’est pas le cas, il faut monter, descendre, monter, redescendre, etc.… Mon compagnon de fortune en tant que bon citadin n’a de cesse de crier parce que des moustiques ou abeilles lui tournent autour et commence sérieusement à me stresser et décide (c’est peut être un peu méchant de ma part mais quand on veut apprécier le calme de la nature il faut vivre avec la nature) d’augmenter le rythme de marche en espérant qu’il craque. Au bout d’une heure celui-ci craquera physiquement et psychologiquement à cause des bébêtes et renoncera à poursuivre ce qui me laissera toute liberté et le calme du lieu. Les différentes vues sur les lacs sont superbes surtout avec ce volcan où il y a de cela deux jours j’étais au sommet. Ainsi je croiserai 3 lacs, le Lago Verde surement le plus beau de tous, le Lago Chico et la Laguna el Torro. Je retrouve à la fin de ma ballade Antonio un verre à la main en train de m’attendre à l’entrée du parc avant de prendre ensemble le chemin du retour vers Villarica.


 

Demain vendredi une nouvelle étape m’attend en prenant la direction de l’île de Chiloé, où j’ai décidé de faire les 350kms qui m’en sépare en stop. Les prévisions seront de faire le tour de l’île en vélo avant de retourner vers Puerto Montt où un bateau m’attendra pour m’emmener plus au sud le 9 février. Sur ces quelques aventures, je vous laisse et moi je vais attendre qu’une âme charitable prenne un petit auto-stoppeur sur le bord de la route. Alors si vous en croisez un arrêtez-vous peut être est-ce moi !!!

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